Al Andalus

Al Andalus , : un palace roulant pour l’Andalousie

Train touristique de luxe ; Al Andalus vous transporte aujourd’hui à la découverte des plus beaux sites d’Andalousie. Construit en France dans les années 20 ce joyau ferroviaire qui recevait jadis la monarchie britannique en villégiature en a conservé l’empreinte Belle Époque. Repris en 1985 par la Renfe, la société nationale de trains espagnols, soigneusement  rénové et doté du confort le plus actuel , il remet au goût du jour un service élégant et stylé. Participant à bord d’un véritable art de vivre, de Séville à Cordou, au rythme de visites exceptionnelles, Al Andalus décline un merveilleux voyage au cœur de l’éblouissant patrimoine Andalou.

Al Andalous

Point de Départ : Séville

Dressée sur les rives du Guadalquivir, tout commence à Séville-133497.

Entièrement rénové en 2012 et inauguré lors de l’exposition Universelle de 1929, l’impressionnant hôtel Alfonso XIII situé sur trois étages tout près de la cathédrale rend hommage au style mauresque. C’est l’un des hôtels les plus luxueux du monde qui a vu et continue de voir défiler stars et têtes couronnées. Sols en marbre, murs recouverts de céramique de Triana, lustres de cristal, cheminées majestueuses, mobilier d’époque,sur trois étages, ce somptueux bâtiment est maintenant classé monument historique.

Le lobby de L'Alfonse XIII
Le lobby de L’Alfonse XIII

Pas étonnant que l’Al Andalus ait élu  cette adresse mythique pour donner rendez vous à ses hôtes. Pour l’heure, en cette fin de matinée le check-in personnalisé s’effectue sans précipitation  au gré des nationalités accueillies dans leur langue. on s’observe  et l’on évalue discrètement les sigles d’aisance  révélateurs  : Vuitton, Gucci, Chanel …cependant qu’un très jeune couple français visiblement ébloui explique que  leurs amis ont cassés leur tirelire pour leur offrir le voyage de noce dont ils rêvaient. Tout en s’occupant des bagages, un personnel efficace et enjoué  rassure en répondant aux questions pratiques ou …oiseuses « fait-il boire de l’eau dans le train? ». C’est ensuite le déjeuner de bienvenu dans la somptueuse salle à manger de l’hôtel.

La salle de réception de L'Alfonce XIII
La salle de réception de L’Alfonse XIII

Cafés et mignardises  servis dans le beau patio fleuri attisent les affinités et déjà des groupes se forment pour la visite guidée de la ville. Bordé d’orangers et de façades au style néo-mudéjar, on se promène à pied dans le plus grand centre historique d’Espagne en écoutant un guide érudit compter le riche passé arabe et comment l’ancien minaret de la grande mosquée a été reconvertie en clocher.

 

La Giralda

Cette Giralda (classé au Patrimoine de l’humanité) culmine à 98 mètres. Les plus hardis en gravissent les marches pour jouir d’une vue imprenable.

 

La Giralda
La Giralda

Avec sa profusion d’or et d’argent mis en lumière par une profusion de vitraux puissamment colorés, l’éblouissante cathédrale expose sa salle aux trésors, un magnifique retable du XVeme, et en majesté,  le mausolée de Christophe Colomb, le personnage révéré. Celui là même qui a débuté le monopole sur le commerce d’outre-mer des XVI et XVII eme siècles et induit la prospérité de la capitale de l’Andalousie. Une prospérité mise en exergue  aujourd’hui aux Archives des Indes, un centre exhaustif sur la conquête du Nouveau Monde qui forme avec la cathédrale et l’Alcazar un ensemble architectural majeur de la ville. Emblématique également : le dédale de ruelles étroites ponctués d’adorables patios murmurants et de jolies placettes de l’ancien et toujours actuel quartier de la Juderia,  tout comme encore, en périphérie, l’incroyable Place d’Espagne datant de l’expo universelle  restée en l’état.

Plaza d'Espagne Seville
Plaza d’Espagne à Seville

 Autour d’un demi cercle de deux cents mètres de diamètre s’élève un gigantesque palais de brique et de céramique dont les azulejos reproduisent l’histoire et la gloire de chaque province du pays. Grandiose !

Le train tel qu’en lui même

Voici l’heure de rejoindre la gare de Santa Julia. Imposant avec ses voitures ornées d’armoiries pourpres sur fond beige , Al Andalus rénové en 2014 s’aligne le long d’un quai spécialement balisé à son éfigie. Affairées, une douzaine de personnes en uniforme siglé facilite l’embarquement des voyageurs.

 

l'équipage d'El-Andaluz
l’équipage d’Al-Andalus

 

 Les valises sont déjà déposées à bord des voitures-lits standards ou supérieurs avec douche et toilettes voire baignoire. L’aménagement astucieux et luxueusement cosy évoque l’ambiance élégante des trains d’autrefois où l’on prenait son temps en savourant l’art de voyager. Impression identique renforcée dans les trois voitures-restaurants, au bar et à la bibliothèque : Velours, marqueteries, glaces s’y déclinent dans un raffinement ouaté. A peine les balbutiements de l’installation, le train s’ébranle, direction le bar pour les cocktails de bienvenu et la présentation du staff. Dans un brouhaha de bon ton on identifie les membres du personnel , on repère son chef de cabine, entame quelques connaissance avant de se rendre au wagon-restaurant.
Le wagon restaurant
Le wagon-restaurant

 Avec ses nappes immaculées, ses lampes de bronze, ses bois de rose et ses serveurs aux petits soins , elle sert de cadre grand standing à une gastronomie classique internationale donnant la vedette aux produits locaux . Dans son local étroit où une dizaine de personnes s’activent devant les pianos,le chef réussit à servir en temps et en heure la soixantaine de clients exigeants que compte actuellement le train. Un véritable exploit pour la confection de plats de haut niveau soumis de plus au tangage ferroviaire. Qu’importe, sans précipitation apparente, le ballet des marmitons respecte le timing à la seconde. Volonté délibérée de favoriser les échanges toujours un peu guindés : ici, pas de places fixes. Avant de nous lier d’amitié avec un couple d’industriels bretons, nous avons tour à tour voisiné avec des belges propriétaires de cinq brasseries, un médecin slovaque flegmatique , des italiens amoureux qui s’embrassaient et ne mangeaient rien, un monsieur français âgé par trop jaloux de sa (trop) jeune compagne…. après café et mignardises et le niveau sonore s’amplifiant, on regagne sa cabine douillette préparée pour la nuit . Tout est rangé ; seuls peignoirs et chaussons restent visibles, la délicate lampe en Lalique, un bouquet minuscule, des fruits joliment présentés.Tout inspire une quiétude délicieusement désuète.. Le train file dans la nuit vers Jerez de la Frontera. Attentionné comme d’habitude, il stoppera entre 3 et 6 heures… pour nous laisser dormir !Au matin, comme d’habitude encore, élégamment présenté, l’appétissant et éclectique petit déjeuner-buffet saura titiller les papilles. Les serveurs attentifs auront tôt fait de repérer les préférences de chacun : thé, café, orange pressé, œufs, viennoiseries, charcuteries  …? Au fil des jours, devançant les désirs des voyageurs, ces pros du service ne se tromperont pas !

Autour de Jerez de la Frontera

Au pays du Jerez (« sherry » en anglais), un bus climatisé conduit au milieu de rangées de vignes à une visite de cave.

Les Caves de Jeres
Les Caves de Jerez

La guide charmante explique que l’appellation regroupe depuis 1977 les vins produits dans les appellations Montilla-Morilles et Manzanilla de Sanlucar de Barrameda. On distingue les Xérès qui en vieillissant, ont été protégé par un voile de levure du début à la fin (Manzanilla et Fino), ceux qui l’ont perdu en route et se sont légèrement oxydés (Amontillado), et ceux vieillis dès le départ sans voile donc pleinement oxydés (Oloroso). A La bodega Gonzalez Byass (5eme génération) fondée par le génial Tio Pepe qui a donné son nom au très célèbre et très sec Fino, on visite la cave ancienne dessinée par Gustave Eiffel, celle de Los apostoles avec ses fûts de plus de 300 ans et la cave de Los Reyes pour les meilleurs vins portant le nom de rois, de puissants et de stars. Aujourd’hui mondialement connus, l’on peut y voir de petites échelles par lesquelles les souris passent pour venir se régaler de l’Oloroso Dulce Solera 1847.

Temps fort de la journée :l’Ecole Royale Andalouse d’art Equestre.

L'école d'équitation de Jerez
L’école Royale d’équitation de Jerez

 une des plus prestigieuses du monde qui depuis quarante ans accueille des cavaliers passés maître dans l’art de faire danser les chevaux (seuls 10% des candidats sont admis). Le spectacle est un somptueux ballet équestre en costume du XVIIIeme où chevaux et cavaliers rivalisent de grâce au rythme d’une musique espagnole.
Cultiver le prestige des races équines et de de l’art équestre andalou, protéger traditions et culture constituent l’essence même de cette École Royale. Au déjeuner vers les quatorze heures , on aura des asperges et du jambon ibérique, des fruits de mer à l’ail, du rôti de porc à la sauce manzanilla et de la glace au citron /menthe généreusement servis à « Casa Bigote » , une belle auberge au bord de la mer de Doñana et de l’embouchure du Guadalquivir. Une promenade digestive s’impose dans lJerez de la Frontera. La vieille ville classée Site historique allie la seigneurie des palais au charme populaire d’une bourgade typiquement andalouse. Au retour dans les salons confortables de l’Andalus

Les salons dEl Andalus
Les salons d’El Andalus

, on se détend, on lit tranquillement la presse du jour et l’on anticipe sur les excursions du lendemain on boit un thé ou un whisky, on se fait beau pour le dîner et après, on danse sur les standards que le pianiste enchaîne repris en chœur par l’assistance. Les verres s’entrechoquent les rires fusent. La vie est douce.

Cadix et Ronda

Ronda
Ronda

Le train a roulé et voici l’océan Atlantique et ses longues plages, on déjeune de poissons frais et de crustacés au « Pharo del Puerto » au Port de Santa Maria, on visite Cadix ,forte de ses quelques 3000 ans elle figure la plus ancienne cité d’Occident. Cette péninsule battu des vents a su préserver son patrimoine historique dû à son importance commerciale . Le Parc national tout proche de Donana est déclaré au Patrimoine mondial .On aperçoit ses frondaisons tandis que que l’on roule en bus vers Ronda perché sur son promontoire rocheux l. «Cette ville de la province de Malaga est séparée en deux par le Tajo, un spectaculaire défilé profond de plus de 150 mètres dont le pont dit »neuf » date de 1793. Inchangées, ses fondations reposent sur la base du précipice. La Casa Consistorial (hôtel de ville) aujourd’hui transformé en parador, domine le paysage. Un must pour profiter du paysage et goûter aux spécialités Rondaises du chef : la perdrix à l’étouffée, le cabri rôti,les galettes au miel ou le fromage aux amandes . La ville aux réminiscences arabes et au tracé médiéval, s’étend au sud du Guadalevín tandis que la ville moderne du XVIe me, se déploie au nord. Important : l’histoire de la tauromachie est présentée au musée des Arènes.. Celles ci sont les plus anciennes d’Espagne. Juste le temps d’une visite et il faut revenir au train qui va partir pour Grenade et ses merveilles au cours d’une soirée festive et très gai où le Fino a flirté avec les tapas !

Grenade, l’Alhambra

les lions de l'Alhambra
les lions de l’Alhambra

Aux pieds de la Sierra Nevada, enneigée entre mer et montagne, , s’élève Grenade,

L'Alhambra de Grenade
L’Alhambra de Grenade

la plus orientale des villes et la dernière conquise par les rois Catholiques Ils lui offrent ses fastes baroques et son architecture Renaissance. Cependant qu’à elle seule la magnificence arabisante refléte l’âme andalouse. Installés dès 711 à coup de miradors, fontaines, mosquées et « carmenes », ces maisons typiques sertis de patios odorants, les arabes auront, huit siécles durant, ciselé l’essence même de la cité. Un témoignage que l’on découvre dans le fastueux palais nasrides de l’Alhambra « la rouge «. Surplombant la ville, cette forteresse massive doit son nom arabe au camaieu ocréé que le soleil confére au crépuscule à ses hauts murs. Plus qu’une forteresse l’Alhambra est une ville véritable avec ses dénivelés, ses patios dont celui des Lions en marbre de Carrare, ses jardins admirables et subtilement parfumés où bruissent des fontaines , ses palais comme celui du Generalife, le palais d’été des souverains orné de plafonds sculptés et de mosaïque. Le moindre détail s’apparente ici à la perfection. Depuis l’Alcazaba tout en haut on a une vue magnifique sur la cité tandis que pour ressentir son atmosphère medina, il faut se noyer tout en bas en face dans le dédale des 3000 ruelles de l’Albaicin, labyrinthique et emblématique!

 

Après une bonne nuit passé dans le train en gare de Grenade, on emprunte le bus qui nous conduit à

Ubeda
Ubeda

Ubeda, Baeza et Cordoue Outre sa proverbiale notoriété pour la qualité de son cuir (d’où ; cordonnier _ Cordoba) sa célébrissime mosquée devenu cathédrale n’en constitue pas moins, »LE« chef d’œuvre absolu. Paradoxe, elle a été érigée en 785 à l’age d’or de Cordoue alors plus grande ville de l’Occident Européen sur une ancienne église ! Plusieurs fois agrandie, avec ses 25000 m² c’est le plus magnifique monument de la culture musulmane de tout l’Occident. Construite après la Reconquista, la mosquée avec sa cour des orangers s’est adjointe une somptueuse cathédrale catholique aux côtés d’autres chapelles . elles aussi regorgent de trésors mêlant les styles almoyyade, gothique, renaissance, baroque… La grandiose perspective sur l’enfilade des 850 colonnes laisse sans voix Cette Mezquita

La Mesquita, cathédrale de Cordoue
La Mezquita, cathédrale de Cordoue

unique est bien évidemment inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Monument le plus accompli de l’art des Omeyyades, symbole de la tolérance, lors des visites elle fait se côtoyer pacifiquement juifs, arabes et chrétiens. C’est le lieu le plus visité de l’Espagne. Notre guide rassemble notre petit groupe, nous ne sommes que quatre français, pour rejoindre les autres passagers groupés chacun avec un guide parlant leur langue. Dans Al Andalus, les groupes les plus importants étant , les espagnols puis les allemands et le anglais. Qu’importe au bout d’une semaine tout le monde échange et se comprend quelque peu. le dernier repas très castillan avec fruits de mer et paella au Bandolero à Cordoue est donc très animé et chacun « baragouine » à sa manière. La soirée d’adieu va s’achever au retour au train par une mémorable « fiesta » concocté par le personnel avec élection du voyageur le plus sympathique et celui de roi et reine du train… . Une ambiance qui bien sûr allait bon train ! Clap de fin retour à Séville.

Marie José Colombani,en compagnie de l’équipage

Marie-José Colombani

Page pratique ;train Al Andalus Renfe

Trenesturisticosinformations :902555902 trenesturisticosdelujo@renfe.com www.renfe.com/trenesturisticos

Office Espagnol du Tourisme22 rue Saint Augustin 75002 PARIST +33 145 038 254 www.spain.info/fr

Hôtel Alphonse XIII  Calle San Fernando, 2, 41004 Sevilla, Espagne

Téléphone :+34 954 91 70 00 www.hotel-alfonsoxiii-sevilla.com

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